L’allergie au pollen de cyprès est de plus en plus fréquente dans les régions méditerranéennes, avec une saison pollinique longue et des réactions parfois sévères. Cette allergie respiratoire peut aussi s’accompagner de réactions croisées avec certains fruits.
Cyprès : un conifère courant, mais hautement allergisant
Le cyprès, membre de la famille des Cupressacées, est un conifère présent majoritairement dans le Sud-Est de la France et dans les régions méditerranéennes. On y distingue principalement deux espèces responsables de pollinoses :
- Le cyprès vert (Cupressus sempervirens), aussi appelé cyprès méditerranéen ou cyprès toujours vert.
- Le cyprès bleu (Cupressus arizonica), dont le feuillage est plus gris-bleu.
Ces arbres produisent un pollen transporté par le vent (anémophile) et connu pour sa forte charge allergénique.
Une pollinisation hivernale qui s’étire jusqu’au printemps
Contrairement à d’autres arbres qui pollinisent au printemps, le cyprès libère son pollen sur une durée de six à sept mois, parfois dès décembre jusqu’à avril, avec des variations selon les espèces.
Le cyprès bleu commence à polliniser plus tôt, généralement à partir de décembre, suivi du cyprès vert quelques semaines plus tard. Cette longue période complique l’identification des allergènes en cas de pollinisation simultanée avec d’autres arbres.
Rhinite, conjonctivite, asthme : les principaux symptômes
Les réactions au pollen de cyprès sont typiques des allergies respiratoires :
- Rhinite allergique : nez qui coule, éternuements, démangeaisons nasales ou pharyngées.
- Conjonctivite allergique : yeux rouges, larmoyants, irrités.
- Asthme allergique : toux, respiration sifflante, essoufflement, oppression thoracique.
Ces symptômes peuvent fortement affecter la qualité de vie quotidienne, notamment lors de pics de concentration pollinique.
Identifier l’allergène, différents tests à envisager
Les tests les plus utilisés pour identifier une allergie au cyprès incluent :
- Tests cutanés (prick tests)
- Dosage des IgE spécifiques
- Tests moléculaires (identification de protéines comme nCup a 1 pour les Cupressacées)
Ces analyses permettent de distinguer une sensibilisation réelle du patient, de mieux comprendre les allergies croisées, et d’évaluer l’intérêt d’une immunothérapie.
Gérer l’exposition au quotidien : gestes simples et efficaces
La réduction de l’exposition au pollen de cyprès repose sur des gestes simples :
- Éviter de jardiner ou de tailler vos haies en période de pollinisation.
- Aérer le matin tôt, puis garder les fenêtres fermées en journée.
- Porter des lunettes de soleil pour limiter le contact oculaire avec le pollen.
🪴 Conseils de pro :
Dans les jardins privés, tailler les cyprès avant la pollinisation permet de réduire la production de pollen.
Des réactions croisées confirmées avec pêche et agrumes
Une exposition régulière au pollen de cyprès peut conduire à des réactions croisées avec certains aliments. Selon plusieurs études cliniques, on observe des réactivités croisées avec :
- La pêche
- Les agrumes
Cela s’explique par la similarité moléculaire entre certaines protéines du pollen et celles de ces fruits, entraînant une réaction immunitaire croisée, en particulier chez les personnes sensibilisées dès l’enfance.
Traitements médicamenteux et désensibilisation progressive
Plusieurs options thérapeutiques sont utilisées pour soulager les symptômes :
- Antihistaminiques : pour réduire l’inflammation et les démangeaisons.
- Corticoïdes en spray nasal : pour traiter la rhinite.
- Collyres : en cas de conjonctivite.
- Bronchodilatateurs : pour les cas d’asthme allergique.
Une désensibilisation (immunothérapie spécifique) peut être proposée après la saison pollinique, généralement par voie sublinguale, avec un traitement de plusieurs années.
Vers une extension géographique de l’allergie au cyprès ?
Avec le réchauffement climatique, la répartition géographique du cyprès pourrait évoluer. Des migrations vers des zones plus tempérées sont déjà observées, laissant entrevoir une progression de cette allergie vers le nord de la France.
Les pollens de cyprès représentent déjà jusqu’à un tiers des pollens respirables en région méditerranéenne.